Death note et la relecture…
J’ai écrit cette chronique peu de temps après la parution du premier tome de Death Note en français pour donner un avis tout à fait personnel sur ce que certains ont catalogué comme le manga de l’année...
Premier temps : la découverte, la surprise, la claque…
L’enthousiasme débordant de nombreux internautes, le battage médiatique orchestré autour de Death Note, mais aussi ma vive curiosité m’avait incité à visionner les scantrad du manga de l’année, voire de la décennie.
Je suis donc partie à la découverte de cette œuvre avec peut être un a priori plutôt positif, bien que contrebalancé par la classification « shonen »(j’ai une nette préférence pour le seinen…).
Je me permets de revenir sur certains faits (lieux communs ???)de Death note.
— - Tout d’abord sa classification en shonen peut sembler étonnante, habitués que nous sommes à voir dans le shonen plus du nekketsu qu’une partie d’échec grandeur nature semblant allier une certaine intellectualisation du pouvoir et de la mort…
C’est la première surprise et le réveil de la curiosité…
— - Problème aussi lorsque l’on cherche à s’identifier à un héros potentiel. De prime abord, je me suis identifiée à Light, obéissant inconsciemment aux critères « shonenesque » du beau héros, intelligent….. Perdu !!!!
Light est certes charismatique, mais comme une veuve noire….Il vous emberlificote dans sa toile, et là un certain malaise s’empare de vous. Light le charismatique fascinant, psychopathe, mégalomaniaque, manipulateur, insensible et insatiable dans sa quête de justice, de SA justice…On se retourne alors vers L, mais là aussi l’identification n’est pas évidente. L, autistique simiesque, asocial aux « pitreries » désarçonnantes, mais tout aussi charismatique que Light.
Les deux personnages peuvent aussi représenter les deux faces d’une même pièce. Leurs profils me paraît se « rapprocher ». Autant la différence physique est palpable, cultivée, poussée à l’extrême, autant la ressemblance intellectuelles et comportementales me semble évidente. Il y a comme un jeu d’attirance/répulsion et aussi en filigrane le jeu « jouissif » de l’intellectualisation de donner la mort (surtout pour Light).
Le lecteur (et donc moi) est face à un dilemme, une dualité ambiguë, un non choix qui le pousse inexorablement à en lire plus pour essayer vainement de s’identifier à un des personnages, l’envie irrésistible dans savoir plus…
— - Cette envie est aussi lié à la maîtrise scénaristique que je qualifiais lors de la première lecture d’époustouflante tant le récit est envolé, survolté même, trépidant, passionnant, d’une précision et d’un machiavélisme quelque peu ahurissant. Ce qui est de plus renforcé par une intrigue plutôt courte pour un shonen et qui me(vous ???)laisse à la fin du récit haletant, choqué( ?), et plus ou moins ébloui…
Deuxième temps : La relecture (en français), le désenchantement…
Le mot est un peu fort, mais il me semble correspondre à un certain état d’esprit…Faisons abstraction des pressions quelles qu’elles soient, et essayons nous à l’objectivité…
— - Au niveau du graphisme, c’est beau, magnifique mais froid…Alors bien sûr on pourrait dire que cette froideur est là pour accompagner les caractères des deux personnages omniprésents, mais ça ne me suffit pas…
— - Quant au scénario, oui, il est pas mal, une certaine nouveauté, mais il me semble pêcher par sa rapidité et l’omniprésence de deux protagonistes qui m’apparaissent de plus en plus comme caricaturaux et beaucoup trop…
Présent au détriment de personnages secondaires peu ou pas exploités, insignifiants. Death Note aurait mérité d’être un peu plus exploré, un peu plus densifié et ce même dans l’étude des personnages de L et Light. Pour moi, ça manque d’ampleur dans « l’environnemental », comme une fuite en avant toujours plus rapide, celle de Light, peut être.
— -Les véritables héros ne seraient ils pas Ruyk et le Death Note. Les actes de L et Light ne sont que les conséquences de l’ennui de Ruyk…
— - Le « jeu de mot » sur les idéogrammes des noms et prénoms de Light Yagami
— - La fin : une pirouette ouvrant les possibilités d’un Death note 2 ?
— - Quand on parle de justice : Que peut être la justice de l’homme ? Et y a t-il une justice divine ?
Hestia




