Kimi wa pet est un josei, un shojo destiné, à priori, aux jeunes femmes de plus de 20 ans, et pour tout dire, même si je corresponds à la cible éditoriale, ce n’est pas le genre de manga que je lis habituellement…
Mais entre curiosité, enthousiasme de bons nombres de critiques, et le hasard d’une vente chez un bouquiniste, j’ai cédé à la tentation….Et bien m’en a pris, car dès le premier tome, l’humour de certaines situations, et les personnages très attachants, font que l’on n’a qu’une envie… Acheter les autres tomes et suivre les aventures sentimentales de Sumiré…
Sumiré est l’antithèse de la représentation que l’on pourrait se faire de la femme japonaise. Sa grande taille, ses capacités intellectuelles, ses diplômes, son caractère intransigeant et une froideur apparente ne correspondent pas à l’image que nous renvoient habituellement les mangas et plus particulièrement les shojos. Belle et intelligente, elle aurait tout pour plaire, mais non, ses qualités entraînent chez la gente masculine japonaise un inexorable sentiment d’infériorité….Sumiré fait peur aux hommes !!! Elle le sait, et se protége derrière une froideur qui n’est que façade, ce qui ne l’empêche pas de chercher l’âme sœur….Avec une règle infaillible, la règle des trois G… Gros diplôme, Grande taille, Gros salaire…
En rentrant un soir chez elle, elle découvre,devant son immeuble un jeune homme endormi dans un carton. Elle décide de l’héberger, et en échange du toit et du couvert, celui-ci devra lui servir …D’animal de compagnie. Situation d’autant plus rocambolesque que Sumiré rencontre enfin l’Homme Idéal, celui qui correspond à la règle des trois G….S’en suit un imbroglio sentimental plein d’ambiguïté.
Ce manga est loin de n’être que le simple récit d’un triangle amoureux, c’est aussi un regard humoristique et assez décapant sur la vie quotidienne, le « rôle » de la femme au Japon, sur les jugements que l’on peut porter sur les uns et les autres, sur certains fantasmes plus ou moins avoués, que se soient ceux de l’héroïne ou ceux de « ses » compagnons.
De plus, le graphisme, original, soigné, et tout en délicatesse ne fait que renforcer le plaisir de la lecture… Une lecture que je conseille à tous…
Hestia



