Sawako Yarimizu est une collégienne qui mène une vie tranquille en se préparant aux examens d’entrée au lycée. Elle aime sortir et rigoler avec ses copines et aussi son petit copain, Kouji. Tout va pour le mieux jusqu’au jour où à la fermeture de l’école, elle se fait surprendre dans une position indécente dans une des salles de l’établissement. Suite à cette situation délicate, elle devient la victime de brimades de la part de tous ses camarades de classe, la jeune fille va se retrouver isolée, délaissée et subira d’innombrables coups tordus que ses anciens amis auront préparés. Le cauchemar commence ainsi pour Sawako.
Vitamine est a première vue un shoujo classique. Mais si on va au delà du graphisme un peu classique : c’est un titre qui frappe, qui marque les esprits ! Dès les premières pages, le ton est donné, on se retrouve projeté dans une histoire où une jeune fille se retrouve impuissante face à tout ce qui lui arrive. On se demande alors juste comment cette jeune fille va se sortir de ce mauvais pas. L’auteur traite d’un sujet qui fait beaucoup couler d’encre au Japon : l’Ijime, cette mise à l’écart systématique typique de la culture japonaise (on est dans le groupe où on n’est pas, du tout…). Avec Vitamine, elle a su retranscrire ce phénomène de façon très réaliste, même si parfois cela semble un peu exagéré. Il y a comme un parfum de vécu dans ce manga qui « tiens très à coeur » à son auteur Keiko Suenobu. Peut être a t-elle été aussi victime d’ijime ? L’Ijime peut avoir lieu partout et se poursuivre pendant des années, de l’école au travail. A l’école c’est se qu’on pourrait rapprocher de ce qu’on connaît comme « la tête de turc de la classe ». Une personne persécutée constamment par ses camarades, qui peut être victime de racket, de violences corporelles et morales et peut même être poussé au suicide. Ici, Sawako devient l’ijime de la classe après avoir été trouvée par un élève dans une situation « olé-olé » avec son copain dans une salle de cours. Par chance, son copain n’a pas été reconnu. Sawako passe pour une traînée, une fille facile qui trompe son copain. Elle essaye donc de se raccrocher au rocher Kouta, en pensant pouvoir s’en sortir avec son copain un minimum, mais celui ci préfère nier la situation et l’abandonne à son triste sort pour de sauver sa réputation. Comme plus rien ne la rattache à qui que ce soit, elle est montré du doigt dans les couloirs de l’école, c’est la descente aux enfers. Sawako perd petit à petit le goût de vivre. Abandonnée par ses amis, négligée par des professeurs peu compréhensifs, isolée même dans sa famille avec un père absent et une mère qui fait la sourde oreille, elle n’a pas d’autre choix que de se renfermer sur elle-même. Comment elle va s’en sortir ?
Pour un One Shot, Vitamine (à ne pas confondre avec le manhwa Vitamin de Yeo Ho Kyong) est un titre qui choque autant qu’il vous laisse sur votre faim. Le thème choisi par l’auteur aurait bien tenu sur quelques tomes de plus. On se retrouve avec une histoire traitée sur environ 200 pages, les scènes marquantes s’enchaînent trop rapidement., c’est tout simplement trop peu ! Coté personnages, ceux-ci ne sont pas très travaillés puisque ce ne sont que des caricatures vite esquissées pour que le lecteur saisisse bien leur rôles (toujours le problème de pages…). On n’a pas vraiment le temps de découvrir les facettes de l’héroïne, le revirement à la fin de l’histoire se fait trop vite avec comme un manque de naturel. Coté graphisme, c’est du vu et revu, rien de nouveau sous le soleil, rien de spécial… Mais comme tout ne repose pas sur là-dessus c’est du tout bon ! Le thème de l’Ijime que Keiko Suenobu aborde si aisément dans son œuvre donne envie de s’attarder sur ce manga. Vitamine, c’est un manga dur et réaliste à la fois, un titre original à ajouter à votre liste de titres à lire d’urgence !
Shinabi



